Thursday, August 10, 2006

L'effet Samourai

Un samourai se vouait "corps et âme" à son seigneur, il pouvait mourir pour lui s'il le fallait.

Le shogunat baignait dans une aura d'honneur, respect et fidélité ce qui lui donnait sa beauté.

Les hommes n'ayant pas beaucoup changé, quel effet cela aurait-il de considérer son boss comme un shogun à notre époque, qui plus est s'il est japonais?

Le principe serait de faire ce qu'il demande du mieux que l'on peut, sans réchigner si on n'est pas d'accord avec lui.
Bien sûr cela excluerait certaines demandes incongrues, comme se jeter par dehors... mais quel boss demanderait cela de ses employés?

Cette attitude contrasterait sans équivoque avec celle qui caractérise les Européens et Américains et qui peut se résumer en quelques phrases telles que "je vais pas non plus dire amen à tout!", "il veut pas non plus que je lui apporte son café?" ou encore "c'est pas de ma faute" et "à 16heures je me barre"

Du point de vue social, si une persone n'aime pas qu'on lui dise ce qu'elle doit faire et résiste même avec plus ou moins de force, le boss sera bien forcé de maintenir le contrôle et les relations de travail deviendront un jeu de volontés antagonistes superflu.

L'attitude que l'on manifeste vis-à-vis d'une personne "crée" cette personne.
Une approche amicale et coopérative favorise en général une réaction du même genre de la part de notre interlocuteur, même s'il est à première vue dans une condition défensive : "une réponse quand elle est douce calme la fureur".
Nous jouons une grande part dans la manière dont le boss nous traite.

L'attitude samourai consiste à créer un boss pour lequel on aime travailler.
Elle contrastera certainement avec celle des collaborateurs, et le boss préférera travailler avec quelqu'un qui n'argumente pas chaque décision. Les relations seront plus détendues et travailler dans cette condition sera plus appréciable.

Cela demandera juste une certaine dose d'humilité, de remise en question, de modestie.
Bref, des qualités que l'on rencontre rarement dans la jungle du business.


Wednesday, August 09, 2006

Restaurants japonais "authentiques" en France

Un comité d’évaluation va labelliser les « authentiques » restaurants japonais de l’Hexagone. Tsuyoshi Nakai, directeur général du Jetro (Organisation Japonaise du commerce extérieur) explique pourquoi au Figaro:

"Il se passe un phénomène paradoxal dans la restauration japonaise. De nombreux restaurants asiatiques se sont reconvertis en restaurants de sushis ou yakitoris. À l’inverse, le nombre de restaurants authentiquement japonais diminue du fait de cette concurrence. Ils ne sont plus qu’une dizaine à Paris. Lors des réunions du comité, les membres sont tombés d’accord sur la nécessité d’introduire un système de recommandation et non pas de certification des restaurants. Notre labellisation a pour but de faire connaître aux consommateurs français ce qu’est la vraie cuisine japonaise et d’encourager les cuisiniers à relever le défi."

L’image de la cuisine japonaise est pourtant claire...
"Il y a hélas beaucoup de malentendus. On réduit souvent la cuisine japonaise à une restauration modique, fastidieuse, avec ses poissons crus et diététiques. En fait, elle est très variée, subtile, régionale et parfois chère, à cause de la qualité des produits qu’elle utilise. Au Japon, les cuisiniers doivent avoir un certificat et une bonne expérience pour pouvoir travailler. En France, le cuisinier n’ayant pas reçu la formation nécessaire pour traiter le poisson, peut faire courir un risque sanitaire à sa clientèle. Ce qui altérerait aussitôt la réputation des restaurants japonais. Enfin, de nombreux produits de médiocre qualité circulent, et nous souhaitons promouvoir une cuisine traditionnelle fondée sur des ingrédients irréprochables."

Cela veut-t-il dire qu’un non japonais ne peut pas faire de cuisine japonaise ?
"Pas du tout. Notre comité évaluera, puis recommandera, les restaurants authentiquement japonais qui répondront à certains critères. La nationalité du chef reste secondaire, à partir du moment où il a bénéficié d’une formation à la cuisine japonaise authentique pendant un temps donné. Tous les restaurants feront l’objet de cette évaluation. Il suffit de respecter l’authenticité de notre cuisine, le service traditionnellement courtois, la qualité des ingrédients, le décor et l’atmosphère typiquement japonais, y compris la vaisselle, la façon originale de cuisiner... pour obtenir le label."

Comment allez-vous procéder ?
"Une équipe d’inspecteurs travaillant anonymement selon la politique et le standard définis par le comité est d’ores et déjà sur le terrain. Le Jetro n’est pas du tout impliqué dans cette inspection. L’équipe va visiter les principales adresses japonaises de Paris et de province. Dès octobre, au moment de La Semaine du goût qui précède le Salon international de l’alimentation (Sial), le comité publiera un guide des « Restaurants japonais authentiques ». Nous invitons les restaurants et les consommateurs susceptibles de s’intéresser à ce projet à se référer au site de Jetro Paris (www.jetro.go.jp/france/paris) et à y contribuer."


Hey !!! pourvu que le Jetro Belge suive cette bonne initiative ... J'en ai marre de mes copains qui me disent avoir mangé japonais alors que le restaurant est tenu par des non-japonais avides de plus gros bénéfices.

Wednesday, August 02, 2006

Plus de Rahmens...

après le faux docu sur le sushiya...

le nouveau calendrier



Les classes first/business/economy en avion



Et comment se faire pardonner (dogeza - 土下座)

Tuesday, July 11, 2006

Mais quel gaspillage !!!

chaque jour au bureau apporte sa ration de choc culturel

lorsqu'un européen fait un cadeau, il a plus tendance à le vanter qu'à le diminuer:
"voici des pralines de chez Ducobu, nouveau chocolatier en vogue, destiné à concurencer Marcolini et autres Wittamer" ou
"je vous ai apporté un mètre de bières spéciales qu'on ne trouve qu'à Silly"

mais l'épisode du jour me rappelle que dans la culture japonaise, le but est de se diminuer, de diminuer sa famille, ce qu'on fait et ce qu'on donne. En bref, l'humilité hypocrisée invalide la jalousie et autorise l'autre à nous relever de notre condition de terrien rampant.

aujourd'hui donc, un expatrié et un visiteur se revoient après une période indéfinie.
après le traditionnel échange d'amabilité vient le non-moins traditionnel moment du cadeau ou souvenir (omiyage).

j'assiste à un vrai démêlé d'excuses à (très) haute voix:
Mu:"tsumaranai mono desu ga dozo" -> "voici un tout petit cadeau de rien du tout"
Mo:"heeeee mottanaiiiii" -> "roooo quel gaspillage pour moi"
Mu:"oui j'ai honte de t'apporter quelque chose de si ridicule pour ta grande personne"
Mo:"non je ne peux pas accepter un tel sacrifice de ta part"
Mu:"je t'assure ce n'est vraiment rien"
Mo:"merci" et là plus rien ... il prend son cadeau et fait comme si rien ne s'était jamais passé.


au début j'étais vraiment confus de voir mon hôte refuser mon cadeau, mais j'appris fort vite que le jeu consiste à insister 3 fois.

Sunday, July 09, 2006

Coolbiz

En faisant ma valise la semaine passée, je me suis posé la question de la cravate ...
en juillet, il fait 30°c au Japon, et très humide: 90%RH
dans ces conditions, travailler avec une cravate au cou relève de la torture!

Et l'air co ?

auparavant, l'air co au boulot était à 24°C et je transpirais déjà avec ma chemise/cravate.

depuis 2005, une directive du premier ministre visant à diminuer les émanations de C02 durant l'été fixe la limite minimum des air-co à 28°C ...

...


28°C !!!!

autant dire qu'à cette température, le cerveau de votre humble serviteur a fondu, le boeuf curry et le chou kimuchi ressortent de par tous les pores, la chemise est devenue transparente et le pantalon fait corps avec la peau !

bref, j'appréhendais ce voyage d'affaires.

Heureusement, dans sa bienveillance, Mr Koizumi le prems avait proposé un code vestimentaire en même temps que sa directive.
Après vote sur 3200 suggestions, le code "CoolBiz" était lancé, et basta la cravate et la veste.
Montrant l'exemple, Koizumi se présentait en chemise ouverte à la chambre.
Et très fashion en plus, ce Richard Gere japonais ...

Je confirmais donc avec mon boss que la cravate n'était pas nécessaire, et que les chemises à manches courtes et pantalons casuels étaient ok.
pas de cravate dans ma valise, chose rare sachant que j'aime les cravates (j'en ai une centaine...).

je partais avec un certain pincement au coeur ;-)

le doute m'assaillait ... et si c'était pas vrai ? et si tout le monde là-bas portait la cravate ? et moi comme un touriste !

le premier jour de travail là-bas, je descends dans le lobby, et là, mon boss en cravate ...

merci de montrer l'example m'sieur.

heureusement, en arrivant dans le bureau en paysager où travaillent 500 personnes, je n'aperçu aucune cravate.

c'est que quand on donne un principe au peuple japonais, il l'interprête souvent comme un ordre.

Les dizaines de controlleurs air-co étaient tous surmontés d'une grenouille (??) qui affiche la température actuelle et rappelle la consigne des 28°C.

Et là, assez bizarrement je dois dire, le principe n'était pas respecté ... la consigne étant le plus souvent à 26°C...

et puis quand je passais devant l'écran de contrôle, je diminuais encore de quelques degrés!


Sachant que le cerveau travaille de manière optimale à 18°C, je n'ose pas imaginer la perte d'efficacité des employés travaillant à +28°C...

Enfin, certains esprits médisants diront "depuis quand les japonais sont efficaces?"
c'est vrai qu'à travailler +15h par jour, il ne doit pas rester beaucoup de synapses vivaces.

mais c'est un autre débat !

Si vous allez au Japon entre mai et septembre pour le business, pas besoin de cravate !
Que porter alors ?

voici un site bien pour vous donner des idées, mais honnêtement c'est vieux jeu !

CoolBiz fashion